[Crispin] Le Mythe de Lohengrin
Crispin
Il y a 1 jour et 21 heures

Mythe de Lohengrin et ses péripéties. Volet 1.
Voilà des semaines que Crispin a rejoint la guilde des chasseurs de Brumdelin. Au début, il était resté comme une ombre : discret, réservé, silencieux. Un homme de plus parmi les capes et les odeurs de cuir humide. Mais le naturel finit toujours par revenir. Très vite, on le vit partir plus loin que les autres. Plus longtemps. Chercher des pistes que personne n'osait suivre. Il y avait dans ses yeux cette lueur particulière, celle d'un homme qui ne chasse pas seulement pour manger ou survivre, mais pour sentir son sang battre plus fort.
Le frisson de la traque l'empoignait à nouveau. Alors Crispin écoutait. Dans les tavernes, près des feux, auprès des anciens. Il recueillait les légendes locales, prédateurs trop grands pour être des bêtes, ombres qui rôdent entre les arbres, créatures que les conteurs jurent avoir vues une seule fois avant de ne plus jamais s'aventurer dans ces bois.
Mais il lisait aussi. Manuscrits poussiéreux, chroniques oubliées, récits de héros morts depuis des siècles, surtout lorsqu'ils mentionnaient des armes. Des lames anciennes. Des outils faits pour tuer ce que les hommes ordinaires ne peuvent pas abattre. Car sa propre collection s'était amaigrie depuis son départ du monastère. Et parfois, lorsque son regard se posait sur la dague d'un chasseur ou sur la lame rare d'un trophée trop lourd pour son porteur.
Ses doigts démangeaient. Crispin n'avait jamais cessé d'être un voleur de lames. Voler aux morts. Voler aux monstres. Voler à ceux qui portent des armes trop grandes pour eux. Et plus la proie est grande plus la tentation devient délicieuse.
Le frisson de la traque l'empoignait à nouveau. Alors Crispin écoutait. Dans les tavernes, près des feux, auprès des anciens. Il recueillait les légendes locales, prédateurs trop grands pour être des bêtes, ombres qui rôdent entre les arbres, créatures que les conteurs jurent avoir vues une seule fois avant de ne plus jamais s'aventurer dans ces bois.
Mais il lisait aussi. Manuscrits poussiéreux, chroniques oubliées, récits de héros morts depuis des siècles, surtout lorsqu'ils mentionnaient des armes. Des lames anciennes. Des outils faits pour tuer ce que les hommes ordinaires ne peuvent pas abattre. Car sa propre collection s'était amaigrie depuis son départ du monastère. Et parfois, lorsque son regard se posait sur la dague d'un chasseur ou sur la lame rare d'un trophée trop lourd pour son porteur.
Ses doigts démangeaient. Crispin n'avait jamais cessé d'être un voleur de lames. Voler aux morts. Voler aux monstres. Voler à ceux qui portent des armes trop grandes pour eux. Et plus la proie est grande plus la tentation devient délicieuse.
Crispin
Il y a 1 jour et 21 heures

Mythe de Lohengrin et ses péripéties. Volet 2.
Dans le Val des Songes, il y a cette silhouette. Blême. Livide. Juste Crispin.
Il ne marche pas, il glisse presque, à grandes enjambées, avalant les sentiers invisibles comme s'il les connaissait mieux que les bêtes elles-mêmes. Son bivouac est bas, écrasé contre la terre, dissimulé sous les ronces et les broussailles, indétectable pour qui ne sait pas chercher.
La plupart du temps, il ne bouge pas. Immobile. Silencieux. Il va jusqu'à coincer de la neige entre ses lèvres pour étouffer la buée de son souffle. Ne rien laisser. Ne rien trahir. Alors il attend.
Les heures passent. Les rafales tordent les pins. La forêt respire et lui avec elle. Il s'accorde au rythme du vent, au craquement du bois, à la lente tension des branches sous le gel. On ne le distingue plus du décor. Il devient une ombre parmi les ombres. Mais ses yeux, eux, veillent. Fixes. Patients. Habités. Arc à portée. Couteau d'égorgeur accroché aux braies.
Et si la forêt ne lui offre rien. Si aucune piste ne rompt le silence, si aucun frisson ne vient mordre son échine, alors Crispin ne force pas.
Il reste encore quelques jours. À observer. À écouter. À s'imprégner. Puis, sans bruit, il plie son bivouac. Le Val des Songes derrière lui, il reprend la route de Brumdelin, sans triomphe, sans trophée, comme si cette absence faisait partie du rituel. Là-bas, il redevient presque ordinaire. Il tanne le cuir. Dépece le gibier. Affûte ses lames en silence. Une vie simple. Discrète. Un chasseur parmi d'autres mais sous cette routine tranquille, quelque chose veille encore car Crispin ne chasse jamais vraiment pour vivre. Il attend simplement la chasse qui le fera vibrer.
Il ne marche pas, il glisse presque, à grandes enjambées, avalant les sentiers invisibles comme s'il les connaissait mieux que les bêtes elles-mêmes. Son bivouac est bas, écrasé contre la terre, dissimulé sous les ronces et les broussailles, indétectable pour qui ne sait pas chercher.
La plupart du temps, il ne bouge pas. Immobile. Silencieux. Il va jusqu'à coincer de la neige entre ses lèvres pour étouffer la buée de son souffle. Ne rien laisser. Ne rien trahir. Alors il attend.
Les heures passent. Les rafales tordent les pins. La forêt respire et lui avec elle. Il s'accorde au rythme du vent, au craquement du bois, à la lente tension des branches sous le gel. On ne le distingue plus du décor. Il devient une ombre parmi les ombres. Mais ses yeux, eux, veillent. Fixes. Patients. Habités. Arc à portée. Couteau d'égorgeur accroché aux braies.
Et si la forêt ne lui offre rien. Si aucune piste ne rompt le silence, si aucun frisson ne vient mordre son échine, alors Crispin ne force pas.
Il reste encore quelques jours. À observer. À écouter. À s'imprégner. Puis, sans bruit, il plie son bivouac. Le Val des Songes derrière lui, il reprend la route de Brumdelin, sans triomphe, sans trophée, comme si cette absence faisait partie du rituel. Là-bas, il redevient presque ordinaire. Il tanne le cuir. Dépece le gibier. Affûte ses lames en silence. Une vie simple. Discrète. Un chasseur parmi d'autres mais sous cette routine tranquille, quelque chose veille encore car Crispin ne chasse jamais vraiment pour vivre. Il attend simplement la chasse qui le fera vibrer.
Crispin
Il y a 1 jour et 21 heures

Mythe de Lohengrin et ses péripéties. Volet 3.
Brumdelin n’avait rien d'un Val, pas de silence, pas de souffle contenu entre les pins. Ici, tout vivait trop fort, trop proche, les voix, les pas, les odeurs mêlées de cuir, de bière et de suie. Crispin s'y faisait. Ou du moins, il essayait.
Cette semaine-là, il avait été chargé d'une tâche simple : livrer plusieurs peaux tannées à un artisan du quartier bas, un vieil homme réputé pour travailler le cuir fin destiné aux fourreaux et aux harnais de chasse. Rien de glorieux. Rien qui fasse battre le cœur. Juste marcher. Livrer. Repartir.
Mais en traversant les ruelles étroites, son regard fut accroché. Une échoppe ambulante. Discrète. Presque invisible entre deux bâtisses mal alignées. Et dans la vitrine, une lame.
Pas une arme de parade. Non. Une vraie. Fine. Parfaitement équilibrée à l'œil nu. Le genre de couteau qui n'est pas fait pour être exposé mais utilisé. Crispin ralentit puis s'arrêta. Son regard ne quittait plus la lame. Quelqu’un d'autre l'avait déjà vue.
Un homme, large d'épaules, mine rude, sans doute un chasseur ou un mercenaire de passage. Il entra sous la toile du marchand sans hésiter. Crispin resta dehors. Une seconde. Deux. Puis il continua son chemin, résigné.
Cette semaine-là, il avait été chargé d'une tâche simple : livrer plusieurs peaux tannées à un artisan du quartier bas, un vieil homme réputé pour travailler le cuir fin destiné aux fourreaux et aux harnais de chasse. Rien de glorieux. Rien qui fasse battre le cœur. Juste marcher. Livrer. Repartir.
Mais en traversant les ruelles étroites, son regard fut accroché. Une échoppe ambulante. Discrète. Presque invisible entre deux bâtisses mal alignées. Et dans la vitrine, une lame.
Pas une arme de parade. Non. Une vraie. Fine. Parfaitement équilibrée à l'œil nu. Le genre de couteau qui n'est pas fait pour être exposé mais utilisé. Crispin ralentit puis s'arrêta. Son regard ne quittait plus la lame. Quelqu’un d'autre l'avait déjà vue.
Un homme, large d'épaules, mine rude, sans doute un chasseur ou un mercenaire de passage. Il entra sous la toile du marchand sans hésiter. Crispin resta dehors. Une seconde. Deux. Puis il continua son chemin, résigné.